Madagascar – Vanille : la solution d’Aveda – Estée Lauder pour la traçabilité

L’amélioration de la traçabilité reste l’un des défis les plus épineux pour de nombreux projets de développement durable. L’attente des consommateurs à une plus grande transparence dans la composition des produits et les pratiques de travail associées à leur création, devient de plus en plus contraignante.

Les exigences de distanciation sociale et les restrictions de déplacement, en vigueur depuis 2020, ne facilitent pas les choses. Dans certains cas, il est impossible de réaliser les audits nécessaires pour les vérifications de provenance des produits. Pour les entreprises, cela incite davantage d’alternatives reposant sur les technologies de l’information.

Une solution qui mérite d’être examiné est le projet pilote de traçabilité de la vanille mis en place par Aveda, une marque de soins capillaires et de beauté à base de plantes détenue par Estée Lauder Companies. Aveda a développé son propre système blockchain qui utilise le téléphone mobile et les codes QR pour retracer les déplacements locaux des produits de 450 agriculteurs à Madagascar, regroupés dans une coopérative, jusqu’à l’usine de fabrication d’Aveda à Blaine, au Minnesota (Etats-Unis). Cette coopérative travaille avec la société LMR Naturals, partenaire d’Aveda en France. En pratique, cette solution de traçabilité couvre 125 sur les 500 produits d’Aveda. Il est à savoir que près de 80% de l’approvisionnement en vanille de la société provient de Madagascar.

« Notre marque privilégie la durabilité environnementale dans son ADN depuis nos débuts. Avec cette technologie, nous pouvons rendre la traçabilité extrêmement transparent. Nous le faisons de manière très objective », a déclaré Barbara De Laere, présidente d’Aveda.

La technologie blockchain utilisée dans cette solution vient de Wholechain, une entreprise qui travaille également avec Mastercard. Le système n’impose pas aux agriculteurs d’investir dans la technologie. Ils reçoivent une carte qui les identifie et qui comprend leur cachet numérique unique, avec un timbre intégré sur la vanille et ses caractéristiques commerciales. Ce code est scanné avec un téléphone portable lorsque l’agriculteur apporte les produits à la coopérative pour la vente, reliant la chaîne de traçabilité.

À ce stade, les informations sont assez génériques : le poids, l’identité de l’agriculteur et le site de provenance. Mais le système est également utilisé pour capturer d’autres paramètres, tels que le salaire des agriculteurs ou les conditions de travail sur les plantations. « La traçabilité est comme les voies sur lesquelles le train peut circuler », a déclaré Jayson Berryhill, co-fondateur et associé chez Wholechain.

« Alors que la vanille est prioritaire, le potentiel de traçage d’autres ingrédients est également important. Nous voulions nous assurer que, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, rien ne soit utilisé comme produit secondaire qui pourrait être d’origine animale, qui pourrait avoir des traces », a précisé Barbara De Laere. Depuis le début 2021, Aveda a déclaré que toute sa gamme de produits était végétale à 100%. Cela a nécessité l’évaluation de plus de 900 ingrédients, principalement sur une base manuelle.

Greg Polcer, vice-président exécutif chargé de la chaîne d’approvisionnement mondiale chez Estée Lauder, a déclaré que « la plupart des audits d’approvisionnement responsable de la société ne sont pas menés avec la même technologie, mais que la pandémie a incité Estée Lauder à repenser ses processus. La réalité augmentée (virtual reality- VR), par exemple, est utilisée pour aider à qualifier virtuellement l’équipement de fabrication ». Greg Polcer prévoit que la technologie de surveillance joue un rôle plus important dans les tâches de traçabilité dans toute la chaîne d’approvisionnement dans la branche « soins personnels et beauté », notamment sur la vanille.

Bien que les données ne soient utilisées qu’en interne pour le moment, Aveda travaille sur les moyens de les mettre à la disposition des consommateurs à la recherche d’informations plus vérifiées sur les ingrédients. « Nous avons beaucoup investi et nous pensons que le retour sur les investissements, les promesses que nous avons faites et les chaînes de valeurs que nous avons maintenues, en vaudra la peine », a précisé Greg Polcer.

Thibault Gravier, directeur chargé des études de la chaîne d’approvisionnement mondiale chez BSR, une ONG à but non lucratif, a déclaré que « l’initiative Aveda offre une « démonstration forte que ce type de projet est réalisable même dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Le défi pour les entreprises est de se concentrer sur les chaînes d’approvisionnement où la valeur est claire. Dans le cas du projet Madagascar, par exemple, les données pourraient à l’avenir être liées à la reconnaissance de certaines pratiques agricoles. C’est un moyen, pas l’objectif final ».

Le succès déprendra de l’adhésion de chaque maillon de la chaîne. Alors qu’Aveda a lancé ce projet, il a fallu la participation de LMR Naturals, du fournisseur de vanille de Madagascar Biovanilla, BSR et Wholechain pour orchestrer le processus. « Nous ne pensons pas qu’un seul acteur puisse endosser la responsabilité. L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement est responsable », a conclu Thibault Gravier.

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